La presse parle de nous

Le MARIAGE FORCE 

Culture-Tops Image illustrative de l’article Ouest-France

 

LU / VU PAR

FRANÇOISE BOURSIN
Publié le 01 fév . 2020

 

Recommandation

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Thème

• La pièce s’ inspire du Mariage forcé de Molière, jouée en 1664 sous forme de comédie-ballet en trois actes, avec Lully pour la musique et Beauchamp pour la chorégraphie. Elle fut remaniée et réécrite en un acte, sans les ballets, en 1668 et publiée sous cette forme. 

• Sganarelle, quinquagénaire riche et alerte, se dispose à épouser Dorimène, une jeune coquette. Mais il éprouve quelques doutes sur la pertinence de ce choix, et souhaite recueillir des avis divers : il consulte son amie Geronimo, deux philosophes, un disciple d’Aristote et un de Pyrrhon, deux bohémiennes et un magicien, qui répondent tous à côté de la question sans lever son doute. 

• En définitive, il n’a plus le choix : il est contraint de se marier pour éviter un duel et des coups de bâton. 

Points forts

• La mise en scène, tout à fait remarquable : avec peu de moyens et peu d’acteurs, tous les personnages possèdent une originalité, le ballet est représenté, l’entrain et la gaieté sont présents tout au long de la pièce.

• Les acteurs ont un jeu de qualité, en particulier celui qui joue le rôle de Sganarelle.

• Le texte de Molière est entièrement respecté, mises à part quelques phrases en anglais ou en italien (lorsque Geronimo évoque les séjours à l’étranger de Sganarelle).

• La pièce, pleine d’humour, est bien rythmée par les personnages consultés tour à tour par Sganarelle.

• Les ballets sont constitués de musiques et de danses de tous genres, plus ou moins surprenants, tels que la country music, mais le spectateur se laisse prendre au jeu.

En deux mots ...

C’est une heureuse manière de faire redécouvrir une pièce du répertoire de Molière rarement jouée. Les anachronismes, qui peuvent laisser perplexes dans un premier temps, sont finalement bien acceptées. Cette pièce à la présentation originale mérite plus que les douze spectateurs présents ce soir-là.

Un extrait

Sganarelle (seul, scène 3) nous offre un bel exemple de sa naïveté : « Ce mariage doit être heureux, car il donne de la joie à tout le monde, et je fais rire tous ceux à qui j’en parle. Me voilà maintenant le plus content des hommes. »

L'auteur

• Molière (1622-1673) né Jean-Baptiste Poquelin, est le grand auteur et acteur de comédies du XVIIème siècle. Il a écrit, mis en scène et interprété des farces, telles que L’Étourdi ou L’amour médecin, des comédies-ballets, telles que Le Médecin Volant ou Le Bourgeois Gentilhomme, et des « grandes comédies », telles que Tartuffe ou Dom Juan. 

• Alors même que Louis XIV régnait sans partage sur la France depuis Versailles, Molière critiquait la société de son temps, l’hypocrisie, le snobisme, les faux dévots, la condition des femmes, entre autres. Ironie du sort, il meurt en 1673, à l’issue d’une représentation du Malade imaginaire, où il jouait ce rôle-titre...

LU / VU PAR

       ANNE-MARIE JOIRE-NOULENS
Publié le 10 déc . 2018

RECOMMANDATION

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THÈME

L'histoire est celle, archi usée dans les vaudevilles de l'époque, de la jeune femme qui veut se marier, craignant de "rester fille", et de son père qui, égoïstement, ne veut rien savoir et entend la garder auprès de lui. Pour ce faire, il s'arrange pour provoquer la fuite des quelques prétendants intéressés. Grâce au ciel, un tante, très très argentée, menace le père de lui couper les vivres s'il n'obtempère pas aux desiderata filiaux.

POINTS FORTS

- Le texte étant annoncé "d'après Labiche" et le titre faisant foi, l'on s'attend à un vaudeville assez classique, genre Clérambard. Et non! Dans ce spectacle complet, on chante et on danse et le père va même jusqu'au slam...
- Les acteurs s'en donnent à coeur joie et, comme dans les comédies américaines où il faut tout savoir faire, ils chantent avec de belles voix ; la soubrette "Chiquette" (mais d'où sort un prénom pareil ?) est un modèle du genre
- Le personnage de la tante, bien outré, n'en est pas moins hilarant. Elle porte des bagues à tous les doigts et les fait tintinnabuler dès qu'elle menace de quitter les lieux avec son pactole
- Le père, caricatural à l'extrême, a la velléité de se prendre pour Noureïev, avec les pieds assez collés au sol mais avec une certaine grâce 
- Il y a une danse sur un chanson qui est un hymne aux légumes: ah, la tante avec un poireau-micro, c'est surréaliste...
- L'ensemble, bien déjanté, est très gai et réjouissant

POINTS FAIBLES

Franchement, je n'en vois pas.

EN DEUX MOTS ...

Ce spectacle supposé classique a plutôt des airs de scènes de cabaret. La salle petite (une cinquantaine de places) s'y prête volontiers. Les chants fort à propos et les danses débridées sur fond de jeune fille à marier nous offrent un ensemble surprenant et très amusant. Il y a des trouvailles dans le texte, dans le jeu comme dans la mise en scène. Chiquette, avec son collier de couverts à servir et dansant avec son balai brosse, est comique à souhait. On passe un très bon moment.

L'AUTEUR

Je ne vais pas vous présenter Labiche, qui n'a eu ici, que la gentillesse de prêter son nom et une partie du texte à la pièce.

En revanche, c'est à Pierre Sébastien Kuntzmann que revient le mérite de ce spectacle. Il est à la fois metteur en scène, scénographe et comédien, puisqu'il interprète le rôle du prétendant.

Diplômé d'un Master de théâtre (Université de Nanterre) et d'un Master de création artistique (Université de Paris Descartes), il est professeur d'art dramatique au conservatoire municipal du Vésinet. Il a participé à bon nombre de mises en scène ("la nuit de la chouette", "Rallye", "le Petit Prince", "le Butin", "le Moche"...), et notamment "Phèdre" en 2016, au théâtre de Belleville. Début 2018, il a mis en scène les 180 élèves du Conservatoire du Vésinet dans une adaptation du "Songe d'une nuit d'été".

Journal 20 minutes - 7 decembre 2018                               Pour notre magnifique représentation au Théâtre La Croisée des Chemins à Paris.   

 

 

 

L’Embarcadère

Ou L’invitation au Voyage et Aux Petits Plaisirs de la vie 

by Vincent Nahan - 15 novembre 2017 Site VALGIRARDIN.FR

 

 15/11/2017 L’Embarcadère ou l’invitation au voyage et aux petits plaisirs de la vie – VALGIRARDIN.FR http://valgirardin.fr/culture/sorties-loisirs/theatre/lembarcadere-ou-linvitation-au-voyage-et-aux-petits-plaisirs-de-la-vie/

 

Spectacle aussi surprenant qu’onirique, L’Embarcadère constitue une véritable ode au voyage, sur le plan spirituel plus que géographique.

La pièce est déroutante mais rondement menée et plaira à toutes celles et ceux qui aiment s’impliquer dans les œuvres qu’ils découvrent. Alors, jusqu’au 17 décembre, embarquez avec la compagnie Amaranthus !

Le bruit des vagues berce doucement la jetée. A la lueur d’un petit lampadaire trois silhouettes observent le lointain, vers l’horizon, cherchant l’inconnu du regard. Après un bref instant, ils s’enfuient brusquement. De l’autre côté de la scène émerge une jeune femme, chargée de sacs, valises et différents paquetages, à l’évidence prête à partir pour un long voyage. Rose est dépressive, triste, abattue. Partout sous ses yeux, le paysage semble morose.

L’Embarcadère, finalement, est l’histoire de la traversée qu’elle va devoir réaliser pour dépasser sa situation. Tout au long de la pièce, elle va entreprendre un long voyage pour la mener jusqu’à sa salvation, à force de poésie, de rêve, de danses et de chansons. « Fondamentalement, il s’agit d’une histoire très universelle. C’est l’histoire de chacun même ! Tout le périple de Rose correspond à ce que nous vivons tous : la première partie de la vie, c’est tomber dans un grand trou, tandis que la deuxième c’est tout le temps que l’on passe à essayer d’en sortir » explique Virginie Durand, auteure de l’œuvre originale, L’Embarcadère.

 

Volontairement floue, l’adaptation jouit d’une dimension très poétique, presque onirique. L’absence de réel récit s’avère être une expérience déconcertante au premier abord, puis très dépaysante, mais aussi ô combien valorisante. Le spectateur, loin d’être passif, se place dans une écoute active et vit un spectacle qui lui est propre, que personne d’autre ne vivra exactement comme lui. Sans en être l’un des comédiens, il en devient l’un des acteurs. « J’avais envie de m’abstraire à la narration et de sortir de la dramaturgie traditionnelle. Il me semblait important d’offrir au public un moment, une place et la possibilité de projeter ses émotions, développer son imaginaire, d’être actif dans sa démarche » indique Pierre Sébastien Kuntzmann, metteur-en-scène, scénographe et comédien du spectacle. Selon lui, un tel projet doit être soutenu par un récit sufàsamment solide pour donner matière à la projection sans perdre le spectateur et surtout sans le diriger. « Je ne voulais pas dire à mon audience ce qu’elle doit retenir, ce qu’elle doit entendre, comment elle doit comprendre les choses. C’est dans cette idée que nous sommes restés sur une forme de floue, dans une impression seulement. » Virginie Durand, auteure et chanteuse & Claire Garoche-Cambie, comédienne et chanteuse Le pari est réussi et démarque nettement la pièce d’autres spectacles plus classiques. L’autre force de L’Embarcadère est la juxtaposition entre poésie et théâtre. La mise-en-scène rassemble aisément poésie, danse, chants, et jeu pour créer un spectacle complet, presque humaniste, à l’image du voyage qu’on entend nous faire mener. « Chaque poème apporte sa petite touche au tronc commun qui sert de base à tous nos spectateurs. Il vient nourrir les personnages, mais aussi l’imagination du spectateur. De là, du fait du côté très libre de la mise-en-scène et de la pièce, chaque membre du public voit sa propre histoire émerger de la souche comme une jeune pousse. » Le texte, encore une fois fortement inspiré de grands auteurs et poètes français, en conserve la dynamique. Ciselé, parfois un peu absurde, il fuse et bouillonne comme un esprit trop plein d’idées.

 

La prestation des comédiens est également à saluer et rappelle l’importance des petits bonheurs que la vie nous offre au quotidien. Ce message discret mais soufflé pendant tout le spectacle est une invitation à embarquer et à s’en aller pour mieux saisir la satisfaction née de la simplicité. Comme quoi, il en faut peu pour être heureux ! L’Embarcadère est à découvrir au Théâtre de la Croisée des Chemins jusqu’au 17 décembre.

 

Article de Vincent Nahan Journaliste pluri-média, spécialisé en presse web, passé par le pôle décryptage (Information politique et générale, essentiellement) de la rédaction d'Atlantico.fr

 

 

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